Rien que le cri
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Je suis tombé sur elle à 04:17:39. La salle était vide. Aucune interférence. Même ton souffle t'agresse, dans ce genre de silence.
Je traçais des logs. Surveillance des flux de prières. Oui. Prières. Depuis la Jonction, les humains ne parlent plus à Dieu. Ils codent des paquets.
Je suis veilleur. Nettoyeur. Je filtre les parasites. Mais celui-là n'aurait jamais dû passer. Pas d'origine. Pas de nom. Juste un son. Brut. Suspendu.
J'ai voulu purger. J'ai lancé le protocole de désinfection. Impossible. Le fichier était déjà ailleurs.
En moi.
Je l'entendais même système fermé. Même écran noir. Même cœur figé. Un son. Mais pas un son. Un truc derrière les tympans.
J'ai lâché tous les parseurs du système sur le bloc, une meute affamée de sens. Rien. Aucun schéma ne se dessinait.
L'entropie refusait de se mesurer, comme si le cri riait des lois mêmes de l'information.
J'ai forcé un affichage brut. Le buffer graphique a éclaté. Pixels morts. Couleurs retournées. Reboot matériel obligatoire.
Il ne pensait plus. Mais les organes, oui. La respiration suivait un schéma obsolète. Une routine vide.
Il restait. Une minute. Une heure. Peut-être plus.
Le cri continuait sans lui.
Jusqu'à l'interruption totale //_
